InstaBD (2/10): Au fond du trou

31 July 2018 admin2632 0
Pendant deux semaines, Livres Hebdo partage avec vous le travail de 10 illustrateurs et auteurs de BD à suivre sur Instagram. Aujourd’hui, Nepsie et Le Vilain rénovent une maison troglodytique dans “Au fond du trou”.

Judith Sibony, “La femme de Dieu”, chez Stock

31 July 2018 admin2632 0
Pendant l’été, Livres Hebdo présente chaque jour un premier roman de la rentrée littéraire 2018. Dans La femme de Dieu, à paraître le 22 août chez Stock, Judith Sibony plonge dans l’univers de la création théâtrale et de la procréation médicale.

Marc Citti, “Sergent Papa”, chez Calmann-Lévy

30 July 2018 admin2632 0
Pendant l’été, Livres Hebdo présente chaque jour un premier roman de la rentrée littéraire 2018. Avec Sergent Papa, à paraître le 16 août chez Calmann-Lévy, Marc Citti raconte les tâtonnements d’une relation père-fils en reconstruction.

“Chromatopsie”: La BD qui dessine les empreintes des émotions sur les corps

28 July 2018 admin2632 0
“Le corps vieux, brisé, gras, jeune ou maigre, c’est très politique”, souffle Quentin Zuttion, auteur-dessinateur de la BD Chromatopsie. Lui veut représenter des corps invisibilisés, oppressés, embourbés par des injonctions sociales omniprésentes, poussés à être ce qu’ils ne sont pas. Chromatopsie, c’est onze individus, onze histoires, toutes axées sur une couleur, et une métamorphose du corps, une libération.

Dans leur intimité, les onze personnages doivent affronter la grossophobie, la vieillesse, le sexisme, ou encore la peur de la transphobie. Avec un trait fin, des touches d’aquarelle et un habile jeu des couleurs, Quentin Zuitton se fait le témoin caché de scènes confidentielles, quotidiennes, dépeintes sans jugement.

“Donner une marque corporelle aux émotions”

Sa force d’artiste, c’est son attachement farouche au corps. “Je voulais donner une marque corporelle à toutes les émotions qu’on n’arrive pas à verbaliser, à lâcher”, nous confie-t-il. Auprès d’un époux abusif, une femme se transforme en épine géante. Une jeune fille fait son coming-out en se masturbant sur la table du déjeuner du dimanche, avec une pièce de viande rouge. “T’as pas idée comme on est sauvages. […] Je la bouffe, je l’aggripe”, lance-t-elle à sa famille, en dévorant un morceau de steak saignant. C’est violent, charnel, parfois tragique, mais terriblement vrai.

Sur fond de confessions vives, crues, Quentin Zuitton nous emporte en imaginant des métamorphoses folles et justes, aux airs de provocation jouissive, de vengeance exaltante, parfois enragée. Il donne un corps, un mouvement, des couleurs à nos émotions. Et interroge les non-dits. La “marée noire” devient l’expression de la rupture. L’homme quitté se retrouve piégé, quasiment englouti par le pétrole noir, qui lui laissera, toute sa vie, des marques indélébiles sur la peau.

Le blanc, lui, est la teinte d’une solitude invisible, sans fard, qui disparaît peu à peu quand une nouvelle relation apporte de la couleur à la vie du personnage. Le bleu devient la couleur du désir, incarné par des papillons bleus, à saisir vite avant qu’ils ne s’envolent. Ni pédagogique, ni éducatif, Chromatopsie est un récit poétique, bouillonnant, au rythme rapide. Tous ses “héros” tentent de s’élever contre les oppressions qui les assaillent, pour se libérer, se défendre, attaquer, ou sinon céder.

Dessiner les parcours LGBT+

Artiste gay, Quentin Zuitton s’est aussi inspiré de son expérience personnelle, de ses ruptures à ses années d’introspection. “Dans les histoires LGBT+, on passe des nuits à se poser des questions sur nous-mêmes tout en continuant à vivre normalement, alors qu’on a envie d’hurler des sentiments”. Des parcours queers qui prennent forme dans Chromatopsie, avec l’histoire insouciante de Thomas, un bambin déguisé en “petite princesse jaune” pour une fête d’anniversaire.

En sortant ce recueil d’histoires courtes, Quentin Zuttion tourne une page. Déjà, au 1er janvier 2018, le jeune Parisien a arrêté d’utiliser son pseudonyme, “Monsieur Q”. “C’est fini l’adolescence, j’étais prêt à entrer dans le grand bain”, plaisante-t-il, fier de voir son vrai nom sur la couverture.

Passé par les Beaux-Arts, il a longtemps été décrit comme un “enfant sage comme une image”, apprenant à ne jamais exploser. “Jusqu’au jour où ça pète, ironise-t-il. Je ne veux pas du tout que mon image soit sage”. Ses planches sont un exutoire. Majoritairement lu par la génération Y, il a commencé en dessinant pour le média féminin Madmoizelle et le magazine Néon, avec des planches engagées et féministes. On adorait déjà.

Chromatopsie, Quentin Zuttion, Editions Lapin, juin 2018, 240 p., 24 €.